Iris 36:139-157 (
2015)
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Abstract
Cet article interroge les échelles multiples à travers lesquelles nos imaginaires scientifiques actuels cadrent et cartographient les activités de notre cerveau. Le réduit-on à l’encéphale? au système nerveux qui le nourrit de stimuli, depuis les doigts jusqu’aux talons? aux réseaux de communication qui alimentent nos sensations d’images et de sons venant des quatre coins de la planète? La façon dont Gilbert Simondon modélise la dynamique transindividuelle des images dans son cours sur l’imagination et l’invention offre des ressources encore insuffisamment exploitées pour nous aider à imaginer notre cerveau individuel comme un nœud formé de lignes s’étendant bien au-delà de nos personnes corporelles. Notre cerveau apparaît alors tout autant comme un lieu occupé par les images qui circulent à travers nous que comme un lieu d’émergence d’images inédites. This article questions the multiple scales though which our current scientific imagination frames and maps our brain’s agency. Do we focus exclusively on the chestnut-shaped organ located inside of the skull? Do we extend it to the whole nervous system, from the toes to the fingertips? Why not include the network of wires which fuels our senses with sensations, coming from the four corners of the world? The way Gilbert Simondon conceptualises the transindividual dynamics of images, in his course on Imagination and Invention, helps us envision our individual brain as a knot within a meshwork of lines extending a long way beyond the limits of our individual body. Under this light, our brain appears as much as a place of “occupation”, invaded by the flows of images which circulate through us, as a place of emergence for innovative ideas.