Abstract
L’usage de corpus n’est pas réservé aux linguistes. Néanmoins ceux-ci en sont des utilisateurs patentés, du fait, entre autres, que leurs analyses portent sur des productions linguistiques ou langagières non finies dont l’étude ne peut s’opérer que sur un échantillon. Mais pour que l’analyse prétende à quelque validité, cet échantillon doit être représentatif. Représentatif de quoi? D’une réalité qui à la fois préexiste à l’analyse et qu’il contribue à cerner et à établir. D’où toute une palette de corpus dont les principaux types en usage dans la discipline, selon les matériaux utilisés, selon la clôture imaginée, selon la fonction assignée…, sont brièvement rappelés. La réflexion est ensuite centrée sur la délimitation de la place et de la fonction du corpus entre faits, analyses et théories ; il est montré, quelques exemples à l’appui, empruntés à la démarche du dialectologue et du lexicologue, que le corpus ne saurait être qu’un construit et que sa construction fait partie intégrante du prisme théorique à travers lequel le linguiste entend appréhender le réel.