Abstract
Association où prédomine l’Apollinisme, le Pythagorisme se marginalise en pays grec par le refus (sélectif) du sacrifice sanglant et de la consommation de la viande, par une règle de vie très impérative et par des révélations religieuses et intellectuelles qui relèvent d’une initiation. Considérant que la philosophie - « l’effort vers la sagesse » - est une ascèse qui permet de purifier les âmes et corrélativement les corps, il accorde à l’acquisition des savoirs scientifiques - les mathématiques, l’astronomie, la musique, la médecine - une place essentielle dans la relation qu’il établit avec le divin. Parce qu’il s’est voulu dès l’origine association ouverte aux deux sexes, le Pythagorisme a permis à quelques femmes d’accéder aux savoirs scientifiques, à la parole et à l’écriture. Immergées dans un monde qui considérait que l’accès à la philosophie représentait pour les femmes une trangression des limites propres à leur sexe et donc des risques de débordement sexuel et de perversion, les Pythagoriciennes ont tenu à démontrer dans leurs écrits que les femmes savantes étaient, plus que les autres, de bonnes épouses, de bonnes mères et de bonnes maîtresses de maison. C’est à ces propos, récupérés par la morale chrétienne et amputés bien sûr du contexte qui leur donnait sens, qu’elles doivent de figurer dans les Traités sur les femmes illustres