Diogène n° 283-284 (3-4):188-193 (
2025)
Copy
BIBTEX
Abstract
Sur la « philosophie africaine ». Critique de l’ethnophilosophie (1977) a apporté à P. Hountondji une renommée internationale. L’auteur y invitait les philosophes africains à adopter une distance critique par rapport au modèle établi par Placide Tempels dans La Philosophie bantoue (1945). Paulin Hountondji est revenu ensuite sur la définition abrupte qu’il avait donnée de l’ethnophilosophie pour mieux circonscrire une littérature philosophique africaine qui soit autre chose qu’un prolongement du discours ethnologique. Sa position sur la nécessité pour l’Afrique de se réapproprier et de revivifier d’une manière critique, ouverte sur l’avenir, les « savoirs endogènes » que le continent a produits l’a également conduit à opérer une distinction entre les généralités essentialistes « naïves » contre laquelle il a écrit les articles qui composent Sur la « philosophie africaine » (1977) et une démarche rigoureuse, soucieuse de validité scientifique, de mise au jour de ce que l’on appelle les « épistémologies du sud ». Sa critique de l’ ethnophilosophie comme « dérive de l’analyse ethnologique » ne signifie pas nécessairement la condamnation de ce que l’on peut appeler un projet ethnophilosophique, une posture qu’il adopte à la lumière des écrits de Kagamé. Ainsi, le concept sans cesse revisité sous sa plume d’ethnophilosophie invite à ne pas se livrer à une lecture monolithique de son œuvre et de sa pensée, en constante évolution.